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Petites madeleines - blog livres littérature jeunesse - Page 380

  • L'ancien temps: le roi n'embrasse pas, par Joann Sfarr

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    sfarr.jpg© Gallimard

     Un grand et lourd format très alléchant, une histoire d'amour et une touche de saga...ça promettait!

    Sur fond fantastique, on plonge presque dans l'heroic fantasy: un pays d'eau et de forêts, une jeune femme qui se transforme en renard, son amoureux prêt à affronter tous les dangers pour lui plaire armé d'une épée-serpent, des arbres qui prennent vie, des rois de légende, des licornes, des dragons, des cyclopes... un décor de conte de fées, teinté de clins d'oeil, agrémenté de personnages forts et bousculé çà et là par des délires oniriques (des histoires parallèles dont on ne tient pas les tenants ou des moments de légère fureur cannibale, ou érotique), l'ambiance est envoûtante, certes.

    Sinon, je suis juste un peu déçue de ces mots crus qui tombent de temps en temps sans crier gare, de cette fin qui n'en est pas une et qui surprend et de ces délires évoqués plus haut, qui sont parfois hermétiques (mais ils trouveront peut être leur justification dans les tomes suivants, après tout...).

    J'avoue franchement que je ne suis pas une fan du trait Sfarrien, je ne l'ai jamais été et son dessin ne m'emporte pas, mais cet album pour adultes saura en séduire plus d'un, sans aucun doute. Je ne serais pas de ceux qui liront la suite, mais je suis contente d'avoir eu l'occasion de découvrir le phénomène!

  • Celle que je voudrais être, par Vanyda

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    cellequejenesuispas.jpg

     © Dargaud

    Deuxième tome de ce manga français, par une mangaka très prometteuse et déjà bien reconnue; Vanyda.

    Un tome=une année scolaire (ou presque). Valentine débute ses années lycée et les premières pages nous plongent dans une rentrée très réaliste, où les secondes se retrouvent les plus jeunes, ou les anciens amis sont parfois séparés, et où les caractères s'affirment petit à petit... ça vous rappelle quelque chose? C'est une des forces de ce manga: même avec la différence d'âge on se retrouve dans ce quotidien d'ado.

    On retrouve avec plaisir cette héroïne que l'on voit murir peu à peu et s'affirmer, dans ses passions (le fanzine de manga par exemple), ses relations amoureuses et familiales.

    Pas de grandes aventures, pas de rebondissements flamboyants, ici on évoque la nonchalance quodienne palpitante et rassurante aux yeux des ados, les petits rituels de bande, les sentiments qui éclosent doucement ou mettent la tête à l'envers, la timidité et l'audace, le conformisme et l'envie d'être unique..bref, une vie d'ado avec ses aspirations et ses petits riens qui font tout.

    A peine déposé sur l'étagère, déjà emprunté par les zélèves!! Identification à 100%!!

    Mon avis sur le premier tome, "celle que je ne suis pas"

  • Genesis, par Bernard Beckett

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                              © genesis.jpgGallimard jeunesse (merci à Véronique pour l'envoi)

     Certains livres demandent à être lus dans le calme, sans être dérangés, avec détermination (voire du stoicisme), pour éclairer une complexité aussi grande que leur pouvoir d'attraction...roman mêlant philosophie et science-fiction, GENESIS est de ceux-là.

    ...De ces romans qui paraissent trop énormes et trop ardus au premier abord (j'ai failli décrocher, je l'avais abordé le soir sans énergie et sans patience), et qui se révèlent peu à peu passionnants et surprenants. A la fin de cette lecture qui se mérite comme un dialogue socratique aux accents Asimoviens, le lecteur ne sort pas indemne (et je suis fière d'avoir eu le courage de m'y remettre, parce que c'est une vraie expérience, même si j'ai du vraiment m'accrocher au début!).

    "Afin d'entrer à l'Académie, Anax se soumet à l'examen devant un jury de trois examinateurs qui évalue sa connaissance de la vie d'Adam Forbes (2058-2077), qui vécut quelques décennies auparavant, sous la République de Platon. Cet interrogatoire révèle comment un prototype d'androïde à l'intelligence humaine a été créé et évolue au contact de l'homme."
    Juste un examen, pendant tout le roman. Juste un dialogue entre Anaximandre et ses examinateurs. Mais le lecteur est pris à partie dans la réflexion qui prend forme, il vit l'examen par procuration, et la révélation finale achève de nous souffler.
    Pas pour les plus jeunes, assurément, et pas pour les soirs de fatigue...mais à tester, sans aucun doute!
  • Lottie Biggs n'est presque pas conglée, par Hayley Long

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    lottiebiggs.jpg

     © Albin Michel, coll. "Bliss"

    D'abord, la couverture attire l'oeil (c'est fait pour et ça fonctionne, le trait de Pénélope Bagieu fédère..) et on pense à une bluette adolescente acidulée voire dégoulinante de guimauve..

    Les premiers chapitres donnent raison à cette première impression: et de quelle couleur dois-je me teinter les cheveux? et est-ce-que c'est moi qu'il regarde par la vitrine? Miettes de vie très stéréotypées d'une ado de 15 ans avec une fascination pour les colorations, un job dans un magasin de chaussures, une manie de gribouiller dans les marges et un devoir à rédiger et qui parle d'elle. Plus que ça, c'est une jeune fille capable de voir la vie en rose (ou "pourpre flamboyant", ou "prune ardente"), mais aussi d'avoir le moral plus bas que terre...

    Et là : changement de police (argh, quelle torture pour les yeux!! heureusement que ça ne dure qu'un temps..), pour mieux nous faire comprendre que la vie de notre héroïne change. Elle perd ses repères, se découvre cleptomane, se coupe du monde...

    ENFIN on arrive au coeur du sujet: la dépression et les troubles psychologiques chez les ados. Mais après avoir supporté un début plutôt insipide j'aurais aimé davantage de matière! Ici c'est trop vite survolé, trop vite résolu, je suis déçue! (peut être parce que j'ai travaillé en centre de psychiatrie adolescents..). Pourtant c'était une belle idée, et le rapport mère-fille semblait être réaliste, sensible et juste..

     Au moins ça a le mérite d'exister et d'aborder le sujet!! Peut être qu'on n'a pas voulu effrayer le jeune lectorat...

    Clarabel en avait parlé et a été nettement plus emballée que moi!