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Romans YA/adultes - Page 39

  • Philomena, Martin Sixsmith

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    ©Presses de la cité janvier 2013, Martin Sixsmith

    Livre qui a inspiré le film; une mère et son fils séparés, leurs quêtes pour se retrouver

    "Lorsqu'elle tombe enceinte en 1952, Philomena Lee n'est qu'une adolescente. Dans l'Irlande de l'époque, avoir un enfant hors mariage est considéré comme un péché. C'est pourquoi sa famille l'envoie au couvent de Roscrea, tenu par des s¿urs de Madeleine, comme d'autres « femmes déchues ». Quand son fils Anthony a trois ans, il lui est enlevé afin d'être adopté par de riches Américains. On oblige la jeune femme à signer un document dans lequel elle s'engage à ne jamais chercher à savoir ce que l'église a fait de son enfant.
    Philomena a malgré tout dédié les cinquante années suivantes de son existence à chercher son fils, se heurtant sans cesse au silence de l'église. Elle ignore que, de son côté, celui-ci a entrepris la même quête. Rebaptisé Michael Hess, le garçon a fait bien du chemin depuis son adoption : avocat réputé, il a rejoint l'administration Bush. Tout en cachant à son entourage familial et professionnel son homosexualité, puis sa séropositivité. C'est justement parce qu'il se sait condamné qu'il décide de partir en Irlande, sur les traces de sa mère. Pour se heurter lui aussi au mutisme des nonnes..."

    Si le film qui sort ces jours-ci semble présenter l'histoire du côté de Philomena et du journaliste Martin Sixsmith qui l'a aidé dans ses recherches, le livre original laisse davantage de place au personnage de Michael, enfant adopté qui a senti toute sa vie le besoin de retrouver ses origines. Là où le film mêle l'humour au drame dans une version road-movie de deux personnages opposés au départ, le livre est plutôt un témoignage poignant et documenté de la vie de Michael. Les deux médias sont complémentaires, et il est intéressant de lire l'interview de Steve Coogan à propos de son adaptation au grand écran.

    Ce roman initial, reconstitution émouvante que nous livre Martin Sixsmith après son enquête, est une saga familiale dramatique et bouleversante, qui met en lumière des pratiques qui ont existé, à savoir l'adoption par des familles américaines de bébés sous la poigne de l'Eglise irlandaise. Sans être un brûlot le texte évoque ces faits douloureux, mais développe surtout ensuite le destin du jeune Anthony, devenu Michael Hess. Animé par une soif de reconnaissance et un sentiment de médiocrité dû à ce qu'il pense être un abandon, il devient un jeune homme brillant, généreux, parfois excessif, emporté malgré lui dans un parti républicain dur et confronté au Sida. La vie de Michael, ses amours, sa carrière, ses doutes et sa quête pour retrouver sa mère biologique sont particulièrement prenantes et le livre se dévore, alors même que l'inéluctable fin nous est connue.

    Présenté avec des photos d'archives et des précisions sur ses recherches, le texte de Martin Sixsmith inspiré d'une histoire vraie offre un témoignage bouleversant, édifiant, intime et universel à la fois.

    La bande annonce du film:

    Lu dans le cadre de Masse Critique de Babelio:

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  • Les citées englouties, Paolo Bacigalupi

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    young adult, sf

    ©Au Diable Vauvert octobre 2013, Paolo Bacigalupi

    Récit fort d'un futur sombre

    "Mouse et Mahlia, deux adolescents orphelins recueillis par un vieux médecin, vivent dans un monde chaotique où la guerre est omniprésente. Mis à l'écart par les villageois en raison de leur origine, leur amitié les protège.
    Au cours d’une exploration, ils rencontrent Tool, l’homme génétiquement modifié pour la guerre découvert dans Ferrailleurs des mers, mercenaire aujourd’hui fugitif, réfugié dans la jungle.

    Avec lui, nos deux jeunes héros vont se trouver devant le choix crucial entre se sauver soi-même ou sauver la vie de qui vous a sauvé la vie… Et ce choix entre égoïsme et altruisme, individualisme ou humanisme, va bien sûr conditionner leur destin et leurs ambitions !"

    Récit futuriste alarmiste, "Les Citées englouties" se déroule dans le même univers que "Ferrailleurs des mers" du même auteur, mais suit d'autres héros. Cette fois-ci c'est dans l'humidité poisseuse de la jungle que deux adolescents font face à un destin cruel et très souvent violent. Trop souvent à mon goût. La situation de guerre post-apocalyptique inventée ici souligne et dénonce bien des points, comme les enfants-soldats, les dégâts collatéraux, l'impact minime des casques bleus (ici jaunes), les exactions, le statut de bâtards des enfants métissés...un but louable de l'auteur, qui a choisi un mode très frontal. S'ajoutent des détails de science-fiction comme les êtres hybrides, coyloups ou terribles mi-bêtes génétiquement modifiés et quasiment indestructibles. Certes le propos est édifiant sur la loyauté et l'entraide nécessaire pour survivre, la jeune Mahlia nous émeut au plus haut point par son courage et sa détermination, mais la dose de maltraitances, de fin inéluctable dans cet enfer est presque indigeste pour moi. Pour des cœurs mieux accrochés, un récit impitoyable édifiant.


    Vidéo trailer et couverture en V.O:



    US Edition

    source: site de Paolo Bacigalupi: http://windupstories.com/books/drowned-cities/

    Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio

     

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  • La grâce des brigands, Véronique Ovaldé

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    ©Editions de l'Olivier août 2013, Véronique Ovaldé

    Chemin du retour pour revivre son envol, quand le parcours n'est pas celui que l'on croyait

    Je n'avais rien lu d'elle, cette femme écrivain et éditrice à la fois. C'est comme ça. Aucun titre ne m'était tombé sous la main. J'en avais entendu parler mais l'occasion ne s'était pas présentée. Pour les matchs littéraires PriceMinister-Rakuten j'ai donc découvert Véronique Ovaldé par son dernier roman; "La grâce des brigands"...et la rencontre fut belle.

     Déjà l'illustration de couverture intrigue et donne le ton. Une nonchalance fascinante et presque douloureuse émane de ce personnage masculin en costume, celui qu'on découvrira être Rafael Claramunt dans l'histoire. En tout cas, pour moi c'est lui, en plus mince.

    L'histoire donc. Elle nous est livrée par une mise en abyme audacieuse (et qui reste assez énigmatique à mes yeux): un mystérieux biographe narrateur écrit sur Maria Cristina Väätonen, ou celle qui écrivait pour s'émanciper. Un premier chapitre nous présente Maria adulte dignement solitaire à L.A, qu'un coup de fil rappelle vers son sol natal, sa famille, ses racines qu'elle a coupées. Et on plonge avec elle et son occulte biographe dans ce flash-back. Issue d'un milieu archaïque étouffant entre sœur jalouse, père triste et mère hystérico-croyante, Maria rêve de liberté. Déterminée et volontaire, elle va contraindre la trajectoire initiale de son destin vers des ambitions d’écrivain et la grandeur décadente de Los Angeles, capitales des mirages des années 70. Ce voyage à L.A est une transgression farouche, un choc culturel et personnel à la fois. Maria y trouvera l'amitié d'une colocataire librement féministe, mais aussi l'emprise acceptée du fameux mâle au costume noir; le charismatique auteur Claramunt. Si son nom vous évoque le flamboyant de studios de ciné, l'allusion n'est pas fortuite et révèle bien le caractère ostentatoire de cet "ex-grand-écrivain".  Il fut le patron de Maria, son premier amant, son pygmalion, son tuteur dans l'édition quand son premier roman fut publié. Mais comme notre héroïne méfiante, nous comprenons peu à peu le jeu d'imposteur du personnage. Quand l'emprise de celui-ci s'affaiblit, Maria est alors capable de distinguer d'autres personnes, de cultiver l'indépendance qu'elle a toujours eu, d'exorciser peut être son destin et les blessures que les brigands lui ont fait subir.

    Il faut atteindre la dernière ligne pour mériter l'explication du titre. J'ai noté que Véronique Ovaldé devait avoir sa carte au club des poétesses du titre. Le lire en entier pour comprendre donc, parce qu'en cours de lecture Véronique Ovaldé nous aura donner à voir, à sentir et à réfléchir. Elle vagabonde sur les thématiques de trajectoires, de succès de femmes, de culpabilité et d'affabulations. Le rythme ici est souple comme les marches le long de la plage, et puis lancinant comme les origines reniées qui reviennent, et enfin déterminé comme les virages du destin ou le regard d'un petit garçon de cinq ans (oui, il y en a un dans l'histoire). Je me suis un peu perdue dans ses phrases immensément longues. Elles traduisent bien la langueur de L.A, elles projettent les scènes avec réalisme, mais elles provoquent parfois l'étourdissement et l’écœurement. J'ai aimé la construction du récit, la trajectoire de cette héroïne superbe et blessée à la fois. Maria dévoile une relation ambigüe au métier d'écrivain, un sujet bien intéressant! Le dénouement final me plaît avec sa couleur d'espoir, mais l'on ressent quand même encore l'amertume de la trahison et de la culpabilité, plus que  l'héroïne même. On lui espère un nouveau destin. Et on se demande où est passé ce biographe inconnu et s'il ne pourrait pas nous raconter un jour la suite de l'histoire, avec plus de soleil et moins d'ombres....

     

    Quelques citations:

    "Elle rêvait qu'un jour tous les lecteurs qui tomberaient sur l'un de ses livres se retrouveraient sous son charme" (Véronique, est-ce toi, qui parle? ;) )

    "Une femme a autant besoin d'un homme qu'un poisson rouge d'un sac à main" (celle-là n'a pas fini de me faire rire)

    "Tu ne peux pas écrire des livres, il ne t'est encore rien arrivé" (mais justement, justement...)

    Lien vers la présentation de l'éditeur

    Une très chouette vidéo dans laquelle j'ai découvert une Véronique Ovaldé hautement sympathique:


    Le Paris de Véronique Ovaldé, auteur de « La... par BFMBUSINESS

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  • L'avant-dernière chance, Caroline Vermalle

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    ©Le livre de poche jeunesse octobre 2013, Caroline Vermalle

    Belle histoire de traits-d'unions entre une jeune fille et son grand-père au projet fou.. émotions garanties, entre textos et road-movie, car la vie est un voyage !

    "Georges, quatre-vingt-trois ans, et son ami Charles, soixante-seize ans, élaborent un projet fou, du haut de leur grand âge : effectuer le Tour de France en Renault Scénic. En échange du silence de sa petite-fille Adèle sur leur imprudente entreprise, Georges lui promet de lui envoyer un texto tous les jours… Une promesse qui marque le retour d’une complicité perdue depuis dix ans."

    Quand j'ai lu (et adoré) "L'île des beaux lendemains" de Caroline Vermalle, vous avez été plusieurs à me recommander son premier roman, primé et reconnu. Saxaoul l'avait même cité dans ses "romans feel good" préférés. Le livre de poche jeunesse le ressort justement, ça a été l'occasion de m'y plonger! Et de passer un moment plein de tendresse aux côtés de ce papy qui veut réaliser un rêve avant de finir sa vie.

    Un grand-père dans son cocon d'habitudes qui veut bousculer le destin en partant à l'aventure avec son voisin. Un voisin dont la motivation cachée est poignante. Une petite fille qui réalise que le temps l'a séparée de son grand-père et qu'elle l'a laissé faire....  pour son premier roman, Caroline Vermalle savait déjà distiller ces sentiments vrais, juste beaux et universels, avec ce qu'il faut de lumière et de douceur pour équilibrer le tout avec brio. Liens d'amitié et de famille, temps qui passe inéluctablement contre joie de vivre à tout âge, souvenirs du temps passé et nouvelles technologies, les scènes sont tendres, drôles ou émouvantes tour à tour. J'ai aimé l'audace de Charles et Georges parfois décalés, admiré par procuration les paysages traversés, appris le louchébem, ri franchement pendant les scènes d'écriture des sms, eu la gorge nouée au final, mais eu le sourire tout le temps!!

    Je suis juste étonnée que le livre de poche le publie dans sa collection jeunesse. (étonnée mais ravie aussi, parce que ce beau texte touchera les ados). C'est certainement dû au thème de lien des générations, et à l'histoire de sa création (un concours France télécom et Métro sur l'utilisation de langages sms ou messageries instantanées).

    Merci à l'auteur pour ce premier chapitre en décalage qui nous révèle la fin de la joyeuse cavale. Merci parce que je me suis véritablement très attachée à Georges (certainement parce qu'il me fait penser à mon grand-père qui me manque), et j'aurais vécu sa disparition comme un coup de poignard si je n'y avais été préparée... ;)

    Bien heureuse d'avoir lu ce roman donc, même si "L'île des beaux lendemains" reste mon coup de cœur. Vivement les autres, je lirai bien "Sixtine" maintenant...


    BookTrailer roman L'avant-dernière chance... par LesNouveauxTalents

    Le blog de Caroline Vermalle, sa page Facebook

    La version originale de l'oeuvre, chez Calman Lévy:


    Ma Photo

    Les avis de Saxaoul, LiliGalipettes, Clara, Nathan, Aproposdelivres, Asphodèle, Calepin, Theoma, Stephie, ...et mille autres encore, parce que souvent je lis après la bataille, moi... ;)

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