Réfugiée dans un petit port anglais maudit elle doit affronter le surnaturel...
Du sombre fantastique, une écriture addictive, un lieu isolé aux effluves d'algues pourrissantes et des personnages qui fissurent les clichés: vous allez être troublés !
J'aurais pu passer à côté de cette lecture, rebutée par le trope "horror" sur la 4ème de couverture. Mais j'étais tentée parce que c'était Estelle Faye, reine des ambiances et des atmosphères captivantes. Et j'ai découvert que loin de l'horreur terrifiante, l'autrice avait joué sur une tonalité plus subtile: le fantastique qui dérange, le malaise qui grandit, le piège qui se referme. (la 4ème de couv indiquait aussi des "patisseries anglaises", je suis méga frustrée ....)
"Malmenée par la vie, May a fui en Angleterre dans le petit port de Seasmouth dans l’espoir de prendre un nouveau départ. Elle est vite confrontée à des phénomènes surnaturels qui semblent pourtant familiers aux habitants de la ville. Celle-ci est sous la coupe d’un dandy charismatique, Adrian Dashwood, et de la famille Saint-John dont le manoir est perché sur la falaise. Une autorité toutefois contestée par Josh Galloway, un bad boy à la tête d’une bande de rebelles. En se liant avec les uns et les autres, May va découvrir des légendes anciennes et affronter un péril venu du plus profond de la mer."
Le lieu est prodigieusement envoûtant, à la fois huis-clos et rivage vers l'étrange. On ne se libère pas de l'humidité, de l'inquiétant, de la malédiction. On affronte l'Ombre, aux côtés d'une bande de rebelles soumis, d'un sorcier et de son chevalier. C'est inattendu et l'incroyable fait irruption, troublant les frontières du temps, du réel. Il y a triangle amoureux et effacement des frontières de préférences sexuelles, mais plus que la romance compliquée, c'est l'irrésistible envoûtement qui s'incarne dans ce récit. J'ai trouvé les débuts longs mais j'imagine que c'était pour mieux installer l'effet insidieux.
May elle-même est surprenante, loin des clichés de l'héroïne. Elle porte ses cicatrices-fêlures, sa culpabilité. Elle a des réactions déconcertantes (elle ne s'étonne jamais de l'anormal, dès l'incipit qui ferait flipper n'importe qui, elle va au devant du danger, elle ne s'embarrasse pas de choisir mais fonce, elle se laisse guider par ses pulsions..). C'est parfois déroutant ou à la limite du crédible, mais elle est ainsi la seule à pouvoir faire face. Et nous autres lecteurs restons captifs des événements étranges et des sinistres révélations liés aux légendes celtiques glacées, aux héritages dramatiques, aux impulsions malsaines, aux liens qui traversent le temps.
On est fascinés et secoués, devant cette histoire-fable ténébreuse et séduisante à la fois. Comme un cauchemar qui ne se finit pas totalement et qui laisse un souvenir singulier.
Cicatrices, Estelle Faye, éditions Rageot, 6 mai 2026, 352p., 19,90€, service de presse non rémunéré, fond image: freepik libre de droits
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